Focus sur les banques nationales d’importance systémique
Les banques nationales d'importance systémique ont toutes considérablement amélioré leurs plans d'urgence par rapport à 2019 et disposent toutes pour la première fois de stratégies de résolution crédibles. Les mesures visant à recapitaliser et à poursuivre les activités bancaires de la Banque cantonale de Zurich, de Raiffeisen et de PostFinance diffèrent sur plusieurs points et des lacunes subsistent dans leur mise en œuvre.
La recapitalisation et la continuité des activités constituent la stratégie principale des banques d'importance systémique suisse si elles devaient être exposées à un risque d'insolvabilité. Pour y parvenir, les trois banques doivent constituer des fonds de type « gone concern », c'est-à-dire réserver du capital supplémentaire pour la recapitalisation. Les banques axées sur le marché intérieur envisagent de répondre à cette exigence, au moins en partie, en réservant des capitaux CET1 et AT1 en cas de crise.
Les stratégies de résolution de la Banque Cantonale de Zurich, de Raiffeisen et de PostFinance sont chacune légèrement différentes:
Raiffeisen
La principale stratégie de résolution du Groupe Raiffeisen, qui consiste à recapitaliser et à poursuivre ses activités bancaires, est influencée par sa structure coopérative unique. En l'absence de mesures supplémentaires, la SFMA devrait restructurer séparément les 224 banques Raiffeisen indépendantes si le groupe risquait de faire faillite. Pour éviter cela, la SFMA a le pouvoir de fusionner les Banques Raiffeisen en une seule entité et de résoudre l'ensemble du groupe en une seule procédure. Si des pertes devaient être imposées aux détenteurs d'obligations via un renflouement interne, l'entité de résolution fusionnée pourrait en outre être transformée en une autre structure juridique. Les compétences actuelles de la SFMA à cet égard doivent être explicitement insérées dans la loi sur les banques.
Raiffeisen n'a pas encore mis de côté tous les fonds de cessation d'exploitation nécessaires à la recapitalisation en cas de crise, c'est pourquoi la SFMA n'a pas encore approuvé son plan d'urgence comme étant prêt à être mis en œuvre. Cependant, le groupe a présenté un plan plausible sur la manière dont il entend combler cet écart dans les délais requis. En outre, elle a émis des obligations de renflouement interne en 2020. Elle dispose ainsi de fonds supplémentaires porteurs de pertes en cas de résolution.
Zürcher Kantonalbank
Au sein de la Zürcher Kantonalbank (ZKB), le canton de Zurich est un entrepreneur unique et responsable de tous les engagements non subordonnés de la banque si les ressources propres de la banque sont insuffisantes. Le canton serait donc la première source de fonds pour recapitaliser la banque en situation de crise. Le plan d'urgence détermine le niveau de fonds nécessaire pour recapitaliser adéquatement la ZKB si la banque était confrontée à une crise. Pour que le plan d'urgence soit approuvé comme efficace, la ZKB doit mettre de côté au moins la moitié de ces fonds à l'avance au moyen des instruments de fonds propres prévus dans l'ordonnance sur les fonds propres. Les réserves de capital de dotation non utilisées y sont éligibles. L'autre moitié est censée être disponible sur la base de la garantie publique du canton de Zurich.
La ZKB n'a pas encore mis de côté tous les fonds d'exploitation nécessaires à la recapitalisation en cas de crise et son plan d'urgence n'a donc pas encore été approuvé par la SFMA comme étant efficace. La banque a toutefois présenté un plan plausible permettant de combler ce déficit dans un délai raisonnable. La manière exacte dont cela sera réalisé reste à déterminer. À cet égard, la question de savoir dans quelle mesure la base juridique relative à l'utilisation de titres de créance de renflouement interne pour les banques cantonales bénéficiant de la garantie de l'État sera adaptée lors de la prochaine révision de la loi sur les banques est également pertinente à cet égard. La banque a également exposé les mesures supplémentaires que le canton pourrait prendre pour soutenir une recapitalisation.
PostFinance
Comme Raiffeisen et ZKB, PostFinance propose de poursuivre les activités de la banque en cas de crise par le biais d'une recapitalisation. Jusqu'à présent, la banque n'a cependant pas pu démontrer comment elle pourrait réunir les fonds nécessaires dans un délai raisonnable, ni seule, ni avec l'aide de sa société propriétaire, Post AG. En janvier 2021, le Conseil fédéral a proposé que la Confédération, en tant que propriétaire indirect de PostFinance, fournisse temporairement un financement suffisant pour couvrir le déficit de capital en cas de résolution. La base juridique serait créée par une révision de la loi sur l'organisation postale, la garantie du capital étant limitée à un maximum de 10 ans. Grâce à cette proposition de garantie fédérale, PostFinance dispose désormais également d'une stratégie de résolution plausible. Toutefois, le plan d'urgence ne pourra être considéré comme efficace qu'après l'entrée en vigueur de la garantie.
La banque a également réduit ses interdépendances opérationnelles par rapport à l'année dernière. En revanche, des travaux supplémentaires sont nécessaires sur la stratégie de résolution alternative de la banque. Enfin, les trois banques axées sur le marché intérieur satisfont aux exigences particulières de liquidité définies par la SFMA pour un plan d'urgence crédible et ont comblé les lacunes en matière de dépendances opérationnelles, notamment dans le domaine de l'accès aux infrastructures des marchés financiers.