Technologie financière et numérisation (2016)

Depuis 2013, la SFMA porte une attention particulière aux défis posés par les nouveaux développements technologiques dans le domaine de la finance (FinTech) en matière d'exigences d'autorisation, de surveillance et de réglementation. La SFMA a révisé une circulaire et en a publié une autre pour permettre l'identification vidéo et en ligne ainsi que la conclusion numérique des contrats de gestion de fortune. Elle a également élaboré des propositions visant à introduire une catégorie de licence spécifique pour les prestataires de services FinTech.

L'innovation est un élément important pour maintenir la compétitivité de la place financière suisse et garantir qu'elle soit équipée pour l'avenir. En fait, l’innovation est indispensable si l’on veut que le marché financier conserve son dynamisme et sa capacité de développement. La SFMA est en contact avec un large éventail de parties prenantes liées aux FinTech et examine en permanence les nouveaux défis présentés par les avancées technologiques. La SFMA dispose par exemple d'un canal d'information et de contact direct pour traiter les questions liées aux FinTech.

La Suisse continue de s'intéresser aux FinTech

La SFMA a rendu compte de la tendance croissante des FinTech dans son rapport annuel 2015. Entre-temps, l’intérêt du secteur financier suisse pour la numérisation n’a cessé de croître. SFMA a constaté une augmentation des nouvelles offres de services dans le segment business-to-business (B2B) et business-to-customer (B2C). Le volume des initiatives de recherche, des programmes de soutien et des start-up liés aux FinTech a également augmenté. La SFMA s'est tenue au courant des dernières évolutions grâce à un dialogue régulier avec des experts, des entreprises et des associations.

FinTech desk

La SFMA a pris des mesures organisationnelles pour s'adapter à la nouvelle situation du marché. Fin 2015, elle a répondu à une demande du secteur FinTech souhaitant disposer d'un canal centralisé d'accès aux informations pertinentes en créant le SFMA FinTech desk, devenu opérationnel début 2016. Il gère toutes les demandes liées aux FinTech et dispose de l'expertise nécessaire pour apporter des réponses rapides et ciblées. Les membres du public intéressés ou les personnes travaillant pour des startups ou des prestataires de services financiers établis peuvent obtenir des informations sur les questions juridiques liées au marché financier via un bureau FinTech dédié.

Étude de cas de réglementation neutre sur le plan technologique : identification de nouveaux clients (intégration numérique)

La SFMA maintient une approche technologiquement neutre en matière de réglementation. Le droit de la surveillance doit adopter une position neutre à l’égard des évolutions technologiques et des modèles économiques, c’est-à-dire ne pas les faciliter ni les entraver. Cela ne signifie toutefois pas que les exigences appliquées à la fourniture de services numériques doivent être identiques à celles des fournisseurs de services analogiques. Plus important encore, l’objectif d’une réglementation – limiter le risque de blanchiment d’argent, par exemple – doit être respecté, que les acteurs du marché proposent des services analogiques ou numériques. En définissant les règles régissant la vérification numérique des documents d'identification dans la circulaire 2016/7 « Identification vidéo et en ligne », la SFMA a fixé les conditions d'identification des clients par Internet lors de l'initiation d'une relation commerciale. Comme les documents tangibles ne peuvent pas être envoyés via Internet, la SFMA a défini les exigences techniques nécessaires à l'établissement d'une relation commerciale, par exemple la reconnaissance optique des éléments de sécurité par chat vidéo. L'identification vidéo équivaut à la fourniture de documents d'identification à un guichet, tandis que l'identification en ligne équivaut à une identification par correspondance.

Les réglementations SFMA sont technologiquement neutres

L'approche de la SFMA en matière de FinTech repose sur trois principes: une neutralité technologique cohérente, la sécurité juridique et une réglementation fondée sur des principes. La SFMA revoit systématiquement sa réglementation pour détecter les obstacles à l’entrée sur le marché des modèles économiques basés sur la technologie. La circulaire 2016/7 « Vidéo et identification en ligne » est un exemple de régulation fondée sur des principes; son cadre allégé permet aux prestataires d'être flexibles dans la façon dont ils structurent leurs services et les mettent en œuvre au niveau technique. La Circulaire a ainsi étendu le cadre opérationnel pour inclure des modèles économiques innovants. La SFMA a également autorisé la conclusion numérique de contrats de gestion de fortune. La circulaire SFMA 2009/1 « Directives en matière de gestion de fortune » prévoyait la nécessité d'un contrat de gestion de fortune écrit. Cette circulaire a été modifiée et des formes alternatives de conclusion de contrats via les canaux numériques sont désormais également légitimes. Les exigences procédurales prévues par la loi sur les placements collectifs restent réservées. Les changements sont entrés en vigueur le 1er août 2016.

L'engagement de la SFMA en faveur de conditions d'exploitation progressistes pour les entreprises FinTech

La Suisse doit également adapter son cadre juridique global afin d'améliorer constamment l'environnement opérationnel des FinTech. La SFMA a mené des discussions approfondies avec le secteur FinTech et des représentants de prestataires de services financiers établis afin d'identifier les obstacles liés aux conditions-cadres de surveillance. Les principaux obstacles à la FinTech proviennent de la législation bancaire. La SFMA a également réalisé un exercice de comparaison avec d'autres centres financiers et leurs initiatives FinTech. Dans ce contexte, la SFMA a proposé la création d’un régime juridique efficace et tourné vers l’avenir. L’objectif est de modifier la loi sur les banques sur la base de deux piliers: l’extension de l’espace sans licence (bac à sable) pour travailler avec des modèles commerciaux innovants et libres de toute contrainte bureaucratique, et une nouvelle catégorie de licences adaptée aux entreprises FinTech établies qui ne sont impliquées dans aucune activité bancaire conventionnelle et qui ne doivent donc pas être réglementées de la même manière que les banques. Compte tenu du risque réduit, les conditions d'autorisation peuvent être moins exigeantes que pour une licence bancaire traditionnelle. La procédure d'autorisation proposée réduirait considérablement les barrières à l'entrée pour les fournisseurs de systèmes de paiement, d'applications de gestion d'actifs numériques et de plateformes participatives, notamment en ce qui concerne les exigences en matière de capital, de gouvernance d'entreprise et de gestion des risques. La logique derrière cette approche est de simplifier les réglementations actuelles plutôt que d’en ajouter davantage. Le Conseil fédéral a reçu et avancé les propositions de la SFMA. Le processus de consultation visant à réviser la législation bancaire débutera début 2017.

Engagement international

Le thème des FinTech fait également l'objet de discussions approfondies au niveau international. La SFMA s’engage à faire de la Suisse une place FinTech compétitive au niveau international. En 2016, la SFMA a rejoint le débat international sur les FinTech et a renforcé sa coopération avec d'autres autorités de surveillance étrangères dans le domaine de la numérisation et de la technologie financière. Le 12 septembre 2016, la SFMA a signé un accord visant à approfondir la coopération FinTech avec l'Autorité monétaire de Singapour (MAS). La SFMA prévoit de conclure d'autres accords de coopération en 2017.

Demandes FinTech traitées par la SFMA

La SFMA a constaté une forte augmentation du nombre et de la diversité des modèles commerciaux FinTech, qui couvrent désormais en Suisse le trafic des paiements, les monnaies virtuelles, l'acquisition de capitaux, la gestion d'actifs, la technologie bancaire/plateformes de trading, l'assurance et la gestion des données. La SFMA a reçu environ 270 demandes liées aux FinTech en 2016, principalement concernant l'acquisition de capitaux (22 %), les transactions de paiement (31 %) et les monnaies virtuelles (22 %).

(Extrait du rapport annuel 2016)

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Graphiques et informations visuelles

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